Entre BARTHE et GAYME. Misumera vatia, famille : Thomisidae.
En m'éloignant de la tourbière de la Barthe, je marche en direction de celle de Gayme. Sur le sentier qui me permet de déboucher sur une prairie humide au fond d'une dépression., mon regard s'attarde sur le talus du chemin et sur les Genêts qui y ont élu "domicile ". Je m'aperçois qu'un nombre innombrable et différent de bestioles ont choisi d'y vivre. Aujourd'hui, je vous propose d' observer la vie trépidante de ses locataires, en partant de son pied et jusqu'à son sommet (une vrai Auberge Espagnole)... En prenant le temps d'observer à tous les étages , nous pouvons voir, qu'à différents niveaux, la vie bat son plein. Premier constat, les habitants de cette grande plante, autrefois servant à confectionner des balais, sont Jaunes dans leur majorité.
Perle de rosée, sur des capsules de mousse, au soleil levant.
En effet ils ont optés pour le mimétisme et ont bien raison, car certains locataires, peu recommandables, y ont élu domicile, comme la Thomise, l'Epeire feuille de chêne,l a Pisaura mirabilis et bien d'autres... Le Genêt à balai, appelé aussi Sarothamne à balai, est en fait une légumineuse. On peut l'observer un peu partout, sur les prairies abandonnées, mais aussi sur les landes et chemins relativement arides. C'est une plante pionnière très commune en moyenne montagne, qui fleurit de Mai à Juillet. Son fruit est une grande gousse allongée très velue. On dit qu'elle était utilisée autrefois pour déclencher et accélérer l'accouchement et traiter les insuffisances cardiaques.
Cette petite chenille (Lépidoptère), faisant preuve d'une certaine intelligence en optant pour la couleur jaune, ne se rend pas compte, un seul instant , que quelques étages plus bas, une petite habitante, Misumera vatia, ayant opté pour la même couleur, l'attend les bras grand ouvert... C'est Madame Thomise, appelée aussi araignée crabe. D'une redoutable férocité, elle ne lui fera aucun cadeau, si par malheur il lui prenait l'envie de passer sur son territoire.
Ici à l'affût, en position d'attente de proies, sur les herbes au ras du sol et au pied du Genêt, elle attend une éventuelle proie, les bras grands ouverts, comme si cet accueil chaleureux en apparence, n'était pas sans arrières pensées.Gare à celle ou celui qui passera par là...
Comme je le sous-entendais plus haut, chacun est logé à la même enseigne, on leur demande simplement d'assurer le couvert. L'Epeire Feuille de Chêne, ce matin n'est pas en reste pour fabriquer sa toile et son piège qui deviendra à certains moments de la journée, son garde-manger. L'Epeire diadème & feuille de chêne, deux Orbitèles...
Ici un très beau spécimen de femelle construisant sa toile du jour. Sur la photo en dessous,
elle est en train de défaire sa toile et l'ingurgite en faisant une pelote avant de l'avaler de nouveau pour mieux la recycler. Elle reconstruira sa toile géométrique quelques instants plus tard.
Un peu plus bas au deuxième étage, Madame Pisaura Mirabilis, a élue domicile et chasse à l'affût dans les grandes herbes venant se mélanger au branches basses du Genêt. Ici sur la photo, plus tard, après la ponte et après avoir baladé son cocon, elle tissera une grande cloche de fils de soie relativement costaud qui abritera sa progéniture et ce, jusqu'à la deuxième mue des nouveaux-nés. La Pisaure admirable, gardienne du temple...
Un peu plus en hauteur, un invité de passage, me fait l'honneur de l'observer: une libellule dont les organes sexuels (pièces copulatrices de couleur verte) sont apparents, est en position d'attente avant de repartir pour former de nouveau, un "coeur copulatoire" avec la femelle qui passera éventuellement par là. Il partira plusieurs fois pour un accouplement de haute voltige. Cette libellule s'étant éloignée de son point d'eau, pas très loin du Genêt sur lequel j'observe les habitants du lieu, est en phase de maturation sexuelle, cette période dure en général de 6 à 12 jours, chez la libellule. Après l'accouplement, la femelle, ira pondre ses oeufs dans une étendue en eau, qu'elle aura choisie.
L' Araniella curcurbitina d'une taille d'environ 13mm, ici, attend patiemment sur une feuille, qu'un imprudent passe par là et lui remplisse son assiette. Appelée plus communément araignée courge, mais encore, citrouille, le spécimen observé loge sur les feuilles d'un noisetier aux environs d'un mètre du sol. Sa Famille: Araneidae, genre Araneus. Cette petite araignée aux couleurs paradoxalement éclatantes, reste souvent retranchée dans un coin de sa toile pour mieux surprendre, l'imprudent qui osera passer par là.
Cette photo, en compagnie de son mâle, a été prise sur un autre lieu d'observation (Vallée de CHAUDEFOUR-Sancy).
Elle tisse entre plusieurs feuilles une petite toile d'environ 8 à 10cm maximum, souvent horizontale et n'est jamais enclin à la terminer. On a l'impression que
la faim est plus importante que l'achèvement de sa toile, ce qui donne à l'observateur, l'impression que sa toile est souvent bâclée. Sa toile encore une fois très petite, ne comporte qu'une
trentaine de rayons.
Position caractéristique de l'attente de sa gamelle...
Les quatre minuscules points noires situés de chaque coté de son abdomen, permettent aisément de la déterminer. Cette araignée est peu présente à ces altitudes et dans ces environnements qui lui sont peu favorables. Elle préfère en général, construire sa toile dans des régions plus chaudes et à des altitudes plus basses. Bientôt un article complet sur la bête.
Pas très
loin du Genêt, au dessus d'un petit espace en eau, la Tétragnatha extensa a tissé, comme à son habitude, sa toile horizontalement à la surface de l'eau en prenant des tiges de molinie comme
pylônes de maintien. La Tetragnatha Extensa & sa taille
mannequin...
Accouplement
pour ces insectes appartenant aux Hémiptères , plus bas sur une feuille, à l'abri du regard des autres habitants des lieux... Ces bestioles, communément appelées "Punaises", sont légion cette
année sur les abords du massif du Sancy. Elles appartiennent à un énorme groupe d'espèces connues.
Hémiptère Pentatomide : "Carpocoris", au coeur d'une fleur de Pissenli.
Elles véhiculent pour certaines, des vecteurs de maladie et sont considérées pour d'autres comme nuisibles. La plupart se nourrissent de la sève des plantes, mais certaines se nourrissent en suçant le sang de certains mammifères.
Cette guêpe "Poliste", sur le côté
d'un rocher, fabrique, seule, son nid et ses alvéoles en papier de cellulose. c'est la gardienne du temple...
Bras dessus, bras dessous, en s'accouplant, le Perlide (Plécoptère),souvent appelé "mouche de pierre" est un insecte qui vit sur les bords des espaces en eau. Insecte de grande
taille, 5cm environ, il est facilement repérable. Inféodé aux zones humides, il n'est donc pas rare de pouvoir l'observer assez facilement. Cet insecte, malgré ses grandes ailes, ne vole
pas très bien et sur de très courtes distances. D'un aspect aplati et affubler d'une tête large et carrée, il possède des ailes transparentes et nervurées repliées sur l'arrière. Ses antennes de
très grande dimension, lui donnent un aspect particulier. Sa larve, ressemble beaucoup au perlide tel qu'on l'observe sur terre, mais a une vie aquatique et respire dans l'eau, elle est
dotée de branchies, on la dit "aptère", sans aile. On l'observe près des milieux acides de l'Artense, dans les "raus" à cours rapides, alimentant ces zones humides.
Au pied du Genêt, un rassemblement de larves d'hémiptères.
L'Epeire des roseaux: L'Epeire des roseaux, habitante des anciens trous d'exploitations...
Cela fait quelques heures que j'ai quitté mes Genêts et j'arrive sur la partie en eau de Gayme. En regardant dans les hautes herbes, j'aperçois une araignée qui, voulant se protéger de ma curiosité, défile à "grandes pattes" pour disparaître de mon regard. En l'observant, je la détermine rapidement, c'est en fait, une magnifique femelle de celles (les araignées) qui ne tissent pas de toile et chassent à l'affût: c'est une Micromata virescens. Sa Famille: Sparassidae. Comme la Dolomède et la Pisaura mirabilis, elle vit au ras du sol, mais n'hésite pas à grimper sur les grandes herbes pour attraper sa proie. Sa belle couleur verte lui permet de faire preuve d'un mimétisme avec son environnement à toutes épreuves. D'une taille de 18mm environ (sans les pattes), sont mâle, comme toutes les araignées bénéficie d'une taille plus petite, environ 10mm. Sur la photo et sur son abdomen, on distingue une tache cardiaque d'une couleur plus sombre (d'un vert plus marqué). Cette tâche permet de différencier très facilement le mâle de sa femelle. Quand à lui, sa couleur est plutôt d'un marron claire avec deux bandes légèrement jaune sur les cotés de son abdomen. Quand on s'approche de son céphalothorax et que l'on regarde ses yeux, on constate, qu'ils sont entourés de poils de couleur blanche, cette particularité lui donne un aspect propre à cette araignée. Elle fait partie des Arachnides les plus imposants de nos tourbières et n'est pas facile à observer à cette altitude (11OOm). On peut la surprendre, plus souvent, sur les prairies humides et en bordures des sous-bois, à une altitude moindre.
Bientôt un article et d'autres photos (en cours de préparation).
Entre la tourbière de la Barthe & celle de Gayme, Sancy.
Aux vues du nombre de prédateurs observés sur un si petit espace, j'aurais pu nommé cet article "Coup de torchon", plutôt que "l'Auberge Espagnole"...
