En partant de la Fontaine Salée et de la Réserve Naturelle de Chastreix Sancy, ce mois de mai sera dédié à la découverte de la flore d'altitude et de certaines tourbières motteuses, mais aussi, de celle des tourbières et prairies humides, limitrophes du massif du Sancy et du Cantal (plus exactement de l'Artense).
Je vous propose un périple, passant par le sommet du Sancy, puis en redescendant sur une multitudes de prairies humides et tourbières de l'Artense (Gayme, Barthe, Crégut, Laspialade, Cousteix, Pignole, et pour finir, le Jolan et la fête de l'estive à Allanche).
Ici sur la photo, l'orage monte sur les crêtes du Sancy, où les ravines vont bon train et ont changé la physionomie de cette montagne au substrat très fragile depuis maintenant plusieurs décennies..
Depuis que la Réserve Naturelle de Chastreix Sancy est officielle et en place (si je puis m'exprimer ainsi), j' écoute parfois certains "nous rassurer" sur la bonne santé de nos sentiers de randonnées en se rassurant eux-mêmes, d'avoir participé à un gros travail de re-engazonnement sur certains secteurs du chemin, notamment entre le puy de la Perdix et le Ferrand. Je suis personnellement effaré devant la détérioration du chemin et suis persuadé, qu'il faudra beaucoup d'années pour que Dame Nature reprenne ses droits. Si la Réserve est vouée à protéger certains secteurs avec leurs cortèges de spécificités floristiques et animales, il n'en est pas de même quand à la surfréquentation du massif par les randonneurs de tous poils. Cet afflût de personnes sur les sentiers du Sancy devrait encore participer à la détérioration des sentiers de randonnées. Pour la petite histoire, avoir interdit toutes activités sur le massif l'hiver (alpinisme, cascade de glace, ski de randonnée et j'en passe), n'est pas forcément le choix le plus judicieux et le plus efficace, pour minimiser le dérangement des animaux et la détérioration de la flore, ainsi que la formation de ravines sur certaines parties du sentier sur les crêtes du massif... Je pense personnellement que les collectives venant à la "chaîne" dans la vallée de Chaudefour et surtout, sur le sommet du Sancy par les téléphériques, tous les jours, pendant la période estivale, participent plus aux nuisances, liées à une surfréquentation sur des lieux bien définis et sur des espaces, certes restreints, mais à la Flore fragile et rare (je pense aux crêtes par exemple et à bien d'autres secteurs). La mise en place de pontons sur une grande partie des crêtes, tient plus du parc Astérix que d'une osmose avec Dame Nature. Je ne parlerai pas dans cet article de ma façon d'appréhender la détérioration, sans aucune retenue, dûe à l'étalement des stations sur une partie très importante du Sancy (mise en place de canons à neige) et j'en passe, sur certains secteurs qui n'avaient pas besoin de cela, etc... Pour certains je manquerai certainement d'objectivité, Pour moi, peut-être pas de réalisme. Il parait qu'il en faut pour tout le monde (ce qui reste encore à prouver au jour d'aujourd'hui...). A ce jour, le Sancy ressemble plus à la foire du trône les jours de grande fréquentation, qu'à une montagne et c'est très dommageable pour tous le monde...
Cette très petite fleurs souvent observée sur les lignes de crêtes et sur les bords des couloirs vertigneux du Val d'Enfer est une petite "Primulacées" qui fleurte avec les neiges des névés, à la sortie des couloirs du Sancy, plus précisément à l'étage subalpin, vers 1500m. L'Androsace rose, est visible seulement sur quelques rares stations, situées sur la pelouse ou encore les rocailles sur la ligne de crêtes . Elle est rassemblée en petits bouquets de quelques fleurs. Elle est relativement rare et ne supporte pas qu'on y touche...
Sur le sentier des
crêtes.
Cette petite clochette d'une couleur très particulière au sortir de l'hiver est une Soldanelle des Alpes. Appartenant elle aussi, comme l'Androsace rose à la
famille des Primulacées, elle est implantée seulement sur quelques rares endroits du Sancy et uniquement sur le Sancy. Elle est absente en dessous de 1500 mètres et non présente, sur le massif du
Cantal. Cette petite plante est en fait une merveille de rusticité et en même temps de fragilité. Annonciatrice du printemps, il lui arrive souvent de fleurir au travers de la neige persistante
sur certains endroits des lignes de crêtes. Son nom est tiré du Latin "Soldus", qui signifie (sou), une allusion à la forme en pièce de monnaie de ses feuilles rondes, comme de la monnaie
trébuchante.
En redescendant sur la cascade de la Barthe et ses tourbières, en sous bois, pas très loin de Picherande, seulement sur une petite station à l'ombre,
trône l'Ail des Ours ou encore Ail des bois. Fait partie de la famille des Liliacées, fleurit de mars à juin. Son lieu d'implantation de prédilection est en général, les sous-bois humides
et aussi, certains secteurs vers les bords des ruisseaux alimentant certaines tourbières ou prairies humides.
Le lézard Vivipare, ici à l'ancienne tourbière du bois de la masse, près de Chastreix. Il sort le soir pour chasser et éventuellement servir de proie façile à la Vipère Péliade, jamais bien loin. Cette femelle "pleine" est relativement docile et intriguée par ma présence. A cet endroit et ce soir là, elles étaient plusieurs stationnées dans les hautes herbes en bordure du chemin.
L'une d'elle, se maintient au frais sous une petite pierre enterrée dans la terre humide et opte pour la politique de l'autruche en se cachant sous sa grande queue et en espérant que les intrus d'un soir, passent sans la voir.
A dix mètres de la scène, dans les hautes herbes du chemin, une Péliade est à l'affût du moindre mouvement inhabituel. Ce prédateur sort le soir pour chasser.
Les Lézards Vivipares d'à coté devraient vite changer de coin, s'il ne veulent pas qu'un des leurs finisse dans l'assiette de Madame. Elle se nourrit exclusivement de grenouilles, lézards et j'en passe... En ce début d'année, j'ai la très forte impression que le nombre de Vipères Péliade est important : en très peu de temps, j'en ai croisé trois, ce qui est pour moi et pour Dame Nature, un signe de bonne santé...

Tourbière de Gayme, vers Picherande. LES TOURBIERES de moyenne montagne, AUVERGNE
La Pulsatille Rouge ou Coquelourde est stationnée seulement sur quelques rares endroits de répartitions du Cantal. Ici à la tourbière du Jolan, exposée à tous les vents, elle est implantée sur une très petite étendue d'une pelouse sèche, aux portes de la partie en eau. Cette magnifique plante est très toxique et est formellement interdite à la cueillette. LA TOURBIERE DU JOLAN, CANTAL
Gentiane printanière, autre plante relativement rare et interdite à la cueillette, fait partie de la grande famille des Gentianacées. C'est une très petite plante à la couleur d'un bleu éclatant, rare dans le Sancy et paradoxalement plus nombreuse dans la massif du Cantal, sur les lignes de crêtes. Elle est totalement absente en dessous de 1200 mètres.
Libellule à quatre tâches, Tourbière de Cousteix.
Thomise, à l'affût dans un Genêt d'une prairie humide , entre Barthe & Gayme. Quelques araignées des Tourbières de l'Artense...
Cette très petite plante aux clochettes d'un rose très délicat, est une Andromède. Elle appartient à la famille des Ericacées, c'est une petite Vivace aux tiges très rigides et feuilles coriaces très allongées et d'un vert très foncé et brillant. On l'a trouve en bordure des tremblant sur les espace en eau des tourbières en pleine évolution, elle est relativement rare en dessous de 1000 mètres. C'est une plante "relicte de l'époque glaciaire", comme beaucoup d'autres plantes spécifiques aux milieux tourbeux. Elle peut faire, certaines année, deux floraisons, une au mois de Mai et une autre en septembre. Interdite à la cueillette. CASCADE ET TOURBIERE DE LA BARTHE
Sur le bord du chemin, nous amenant sur le village d'Allanche, où se déroule aujourd'hui, la grande fête de l'estive, réunissant plus de quatre mille visiteurs
en ses 28 & 29 Mai 2011.
Portrait de Paysan de la vallée de Mandaille.
